La loi d’orientation des mobilités (LOM), promulguée en décembre 2019, marque une révolution dans la manière dont notre pays envisage les mobilités sur son territoire. Partant du constat que notre politique de transports n’est plus adaptée à nos réalités, la LOM s’est voulue ambitieuse, cherchant à adapter les infrastructures de mobilité aux défis contemporains. Les entreprises, fortes utilisatrices de transports, ne sont pas épargnées par des mesures à l’impact conséquent.

Dans quel contexte est née la LOM ?
Quels sont les grands objectifs de la LOM ?
1 – Contribuer Ă une transition Ă©cologique rapide et Ă la mobilitĂ© durableÂ
Il s’agit de parvenir Ă rĂ©aliser une transition Ă©cologique des transports ambitieuse. L’objectif global fixĂ© par la loi est d’atteindre la neutralitĂ© carbone d’ici 2050 et de rĂ©duire de 37,5 % les Ă©missions de CO2 d’ici 2030. Pour y parvenir, plusieurs axes sont indiquĂ©s dans la loi :Â
- Promouvoir les transports en commun et favoriser leur intermodalitĂ© avec d’autres modes de transport,Â
- Électrifier rapidement le parc des vĂ©hicules thermiques,Â
- Favoriser les mobilitĂ©s douces : vĂ©lo, marche, etc.Â
- Encourager la mise en place de politiques de gestion de la mobilitĂ©.Â

2 – Rendre l’offre de transports plus accessible sur tout le territoireÂ
Partant du constat d’une forte inĂ©galitĂ© de l’offre de transport selon les territoires urbains, pĂ©riurbains et ruraux, la loi souhaite parvenir Ă une meilleure Ă©quitĂ©. Elle vise Ă garantir l’accessibilitĂ© des transports pour tous les citoyens, y compris ceux vivant dans des zones rurales ou dĂ©favorisĂ©es. DĂ©veloppement des infrastructures de transport et de solutions de mobilitĂ© spĂ©cifiques Ă ces territoires devraient permettre de rĂ©duire une fracture douloureusement ressentie par leurs habitants.Â

3 – Focus sur la sĂ©curitĂ© des dĂ©placementsÂ
Les dĂ©placements doivent ĂŞtre Ă la fois plus sĂ»rs et de meilleure qualitĂ©. La loi mobilitĂ©s prĂ©voit ainsi des mesures pour lutter contre l’insĂ©curitĂ© routière et pour mieux former les conducteurs. Cela doit aller de pair avec une amĂ©lioration sensible de la qualitĂ© des transports publics : confort, ponctualitĂ©, information des voyageurs…Â

Quel est l'impact de la LOM sur les entreprises ?
1 – L’élaboration d’un plan de MobilitĂ© Employeur (PDME)Â
Dans les entreprises de plus de plus de 50 salariĂ©s. La mise en Ĺ“uvre d’un plan de mobilitĂ© employeur doit permettre la diminution des Ă©missions de gaz Ă effet de serre des Ă©missions de polluants atmosphĂ©riques, et participer Ă dĂ©congestionner la circulation gĂ©nĂ©rĂ©e par l’entreprise. Le PDME optimise les dĂ©placements domicile-travail des employĂ©s, en favorisant des modes de transport plus durables comme le covoiturage, l’utilisation de vĂ©los et de vĂ©hicules Ă©lectriques. Â
2 – La mise en place d’un forfait mobilitĂ© durableÂ
L’employeur est tenu de proposer Ă ses salariĂ©s un forfait prenant en compte les frais liĂ©s aux dĂ©placements domicile-travail effectuĂ©s Ă vĂ©lo, en covoiturage, mais Ă©galement l’autopartage, la trottinette Ă©lectrique, et mĂŞme l’achat de titres de transport en commun Ă l’unitĂ©. Le forfait mobilitĂ© est plafonnĂ© Ă 800 € par an. Â
3 – L’installation de bornes de rechargeÂ
La LOM instaure des quotas pour la mise en place de bornes de recharge pour vĂ©hicules Ă©lectriques sur les parkings de la sociĂ©tĂ©. D’ici dĂ©but 2025, les parkings existants de plus de 20 places devront proposer 5 % de bornes Ă©lectriques. Pour les nouveaux parkings de plus de 10 places, 20 % minimum de celles-ci seront rĂ©servĂ©es aux vĂ©hicules Ă©lectriques.Â
4 – LOM et flottes de vĂ©hiculesÂ
La gestion de flotte d’entreprise est profondĂ©ment impactĂ©e par la LOM. Les entreprises sont encouragĂ©es Ă verdir leurs flottes de vĂ©hicules en la renouvelant avec des camions et automobiles Ă faibles Ă©missions. Ces derniers doivent rejeter moins de 60 g/km de CO2 : vĂ©hicules Ă©lectriques, hybrides rechargeables ou Ă hydrogène. Un calendrier et des quotas sont Ă©tablis dans la loi : l’employeur doit ainsi dĂ©jĂ avoir renouvelĂ© 20 % de ses vĂ©hicules au 1er janvier 2024. Dans le futur : Â
- 40 % des vĂ©hicules seront Ă faible Ă©mission au 1er janvier 2027,Â
- 70 % au 1er janvier 2030.Â
5 – Respect des limitations de circulation dans les zones Ă faible Ă©mission (ZFE-m)Â
Les entreprises situĂ©es dans les zones Ă faible Ă©mission doivent adapter leurs politiques de transport pour se conformer aux nouvelles rĂ©gulations*. Cela inclut la restriction de l’accès aux vĂ©hicules les plus polluants.Â
Comment mettre en place un Plan de mobilité employeur (PME) conforme à la LOM ?
1 – Établir un diagnostic de la mobilitĂ© dans l’entreprise. Cet Ă©tat des lieux analyse les trajets domicile-travail et les modes de transport utilisĂ©s par les salariĂ©s pour Ă©valuer prĂ©cisĂ©ment les Ă©missions de CO2.Â
2 – DĂ©finir des objectifs rĂ©alistes. Ă€ partir du diagnostic, le service RH Ă©tablit des objectifs clairs et mesurables en matière de rĂ©duction d’émissions de CO2 et de pollution. Â
3 – Élaboration du plan d’action. Le projet peut inclure la mise en place de solutions de covoiturage, des mesures incitatives Ă l’utilisation de moyens de transport Ă faible Ă©mission (transports en commun…) ou de mobilitĂ© douce, etc.Â
4 – Communication et sensibilisation. Si le plan est une obligation pour l’entreprise, sa rĂ©ussite repose sur les salariĂ©s. Des campagnes de communication et des sessions de sensibilisation et de formation peuvent ĂŞtre mises en place pour encourager son adoption.Â
5 – Mettre en place des instruments de suivi et Ă©valuation. Il faut instaurer des indicateurs prĂ©cis et aisĂ©s Ă mesurer et utiliser des enquĂŞtes auprès des employĂ©s. Chaque annĂ©e, un bilan sera effectuĂ©, afin de valider ou d’amĂ©liorer les mesures prises et d’atteindre les objectifs.Â
*cet article datant de juin 2024, les lois et références indiquées sont susceptibles de changer.

