Alors que les tarifs des assureurs vont continuer à augmenter en 2026, l’assurance de flotte de véhicules d’entreprise est un poste budgétaire de plus en plus difficile à maîtriser. ll est difficile pour un gestionnaire de flotte de disposer d’une vision claire de ce qui est réellement assuré. Vous trouverez dans cet article un décryptage sur ce que les assureurs professionnels ne disent pas toujours, afin de reprendre la main.
Ce qui se cache derrière vos primes et les augmentations annuelles
Les coûts des pièces et de la main-d’œuvre automobiles ont bondi de près de 10 % en deux ans, selon des études de l’association SRA (Sécurité et réparation automobiles). En dix ans, le prix des pièces détachées a presque doublé (+85 %).
Résultat : en cas de sinistre dans une flotte d’entreprise, le coût des réparations s’est envolé, ce qu’ont bien compris les assureurs.
L’électrification du parc de véhicules des flottes d’entreprise, rendue obligatoire par les lois (LOM) et règlements environnementaux, joue également un rôle non négligeable dans le calcul des primes.
Les réparations de voitures électriques coûtent en effet 14,3 % de plus que celles des véhicules thermiques (étude SRA 2024), la faute principalement au coût des batteries (entre 10 000 € et plus de 20 000 €). De plus, on constate une fréquence de sinistres supérieure de 3,2 % en électrique par rapport au thermique (étude université de Limerick), qui serait liée à une mauvaise maîtrise des accélérations rapides.
Si la crise climatique laisse encore certaines personnes sceptiques, ce n’est pas le cas des assureurs, qui en constatent les dégâts récurrents. Grêle, inondations, tempêtes : les alertes météo sont de plus en plus fréquentes. Cela signifie potentiellement un renchérissement de la prime pour la flotte d’entreprise.
Depuis 2019, les Français sont devenus adeptes des commandes en ligne : en cinq ans (jusqu’à fin 2024), ce marché a progressé de 52 % (FEVAD, 2025). D’où une multiplication des livraisons à domicile ou en points relais. Avec un impératif : des livraisons dans les temps, mettant ainsi une pression sur les transporteurs. Et générant un risque d’accident en augmentation.

Comment les assureurs calculent-ils les risques d’une flotte d’entreprise ?
Les compagnies d’assurance prennent en compte de nombreux critères de sinistralité, dont les plus importants sont :
- la fréquence effective des sinistres,
- leur gravité,
- les volumes kilométriques de chaque véhicule,
- le profil des conducteurs d’entreprise.
Ajoutons à cela qu’une hausse minime de la sinistralité peut faire bondir les primes.
Les flottes d’entreprise présentent un mixte entre véhicules utilitaires (VU), véhicules légers (VL), et camions. La répartition des véhicules peut fortement modifier la prime d’assurance.
Plus une flotte est électrifiée, plus l’assureur risque de lui appliquer un surcoût lié à la fois à une sinistralité légèrement supérieure et au coût plus élevé des réparations.
Les entreprises doivent fournir des informations sur les conducteurs de la flotte : âge, expérience de conduite, historique, formations en conduite sûre…
Le profil des conducteurs peut influer sur le coût de la prime : une flotte dans laquelle une majorité de chauffeurs est jeune risque de subir une taxe plus importante qu’avec un panel de conducteurs plus âgés.
Dans les entreprises recourant au suivi télématique de leur flotte, l’entreprise peut fournir à l’assureur des données (datas) sur les comportements de conduite de leurs automobilistes.
Reste une part plus secrète dans l’élaboration de la prime d’assurance. L’assureur peut, en effet, prendre en compte des éléments plus « subjectifs » comme :
- la stabilité du gestionnaire de flotte depuis des années ;
- la présence d’une car policy claire et solide, soit une charte qui fixe les conditions d’utilisation des véhicules de l’entreprise et les règles d’attributions ;
des formations à la prévention des risques routiers…

Les clauses et exclusions que les gestionnaires négligent (et qui coûtent cher)
Les exclusion des remboursements
Les exclusions d’assurance sur des pièces spécifiques sont souvent négligées par les gestionnaires de flotte et les services comptables.
Or, de nombreux contrats prévoient l’exclusion de :
- batteries endommagées ou détruites,
- certains équipements du véhicule : radars, capteurs, connecteurs…
- remorquage jusqu’à une borne adaptée au véhicule,
- dommages électriques liés à la recharge.
ADAS et primes d’assurance
Avec les véhicules électriques, les conducteurs disposent de fonctionnalités ADAS (Advanced driver assistance system), soit des aides à la conduite. De nombreux assureurs prennent cette fonction en compte, avec des modèles de scoring attribuant des coefficients de réduction des risques à chaque technologie ADAS.
Le prêt de véhicules de remplacement
Selon les contrats, l’assureur peut prendre en charge le prêt d’un véhicule de remplacement en cas de panne ou d’accident. Toutefois, il faut vérifier les conditions précises dans le contrat : souvent, cette clause est payante.
Les conducteurs non déclarés
Il faut enfin vérifier les clauses concernant :
Les conducteurs non déclarés ou occasionnels. Certaines polices d’assurance autorisent un conducteur occasionnel dans la prime générale, d’autres proposent une option payante.
Les conducteurs ayant déjà eu plusieurs sinistres dans les trois dernières années sont automatiquement à l’origine d’une augmentation de la prime.
Assurance, LLD et LOA : ce qui est réellement couvert
De nombreuses entreprises ont recours à des solutions de location, LLD (location longue durée) ou LOA (location avec option d’achat). Si l’une comme l’autre permet de jouir d’un véhicule sur plusieurs années, seule la LOA permet le rachat du véhicule.
Ces deux formules imposent des limites de consommation kilométrique annuelle ; si elles sont dépassées, les mensualités sont plus élevées.
Seule la LDD inclut d’office un service d’entretien et d’assistance (optionnels dans une LOA).
Par contre ni l’une ni l’autre de ces solutions n’intègre une assurance du véhicule. Il est donc indispensable de compter en sus le coût de l’assurance. Pour résumer :

Comment réduire la prime d’assurance de flotte automobile ?
1 – Mettre en œuvre une analyse prédictive des conduites accidentogènes
Les compagnies d’assurance utilisent l’analyse prédictive pour calculer vos primes ? Avec les solutions Océan, vous pouvez limiter les accidents de vos collaborateurs !
Vous recueillez avec Geopro les données de conduite de vos chauffeurs. Un module intégré vous permet de disposer de rapports sur chacun d’entre eux, et d’identifier des comportements à risque : freinages brutaux, accélérations trop rapides, virages brutaux, etc.
Une fois repérés, vous pouvez proposer aux conducteurs les plus à risque une formation à une conduite plus sûre et plus économique.
2 – Adopter la maintenance préventive
Un véhicule bien entretenu et des pannes anticipées ne sont pas seulement une économie matérielle. Si la voiture ou le camion ne présente aucune défaillance, son conducteur n’aura pas à réagir en situation d’urgence, et donc sera moins confronté au risque d’accident.
Les remontées de données des véhicules sur le logiciel de gestion de flotte https://ocean.fr/maintenance-preventive-ou-predictive-pour-les-vehicules-et-engins/ sont analysées, alertant de manière préventive sur les risques de pannes.
3 – Segmenter les usages par véhicule
À chaque véhicule, sa fonction. Adapter le véhicule au besoin réel de l’entreprise réduit les risques.

4 – Mettre en avant une Car policy solide
L’existence d’une charte rigoureuse, détaillant entre autres :
- les critères d’attribution de chaque véhicule,
- le kilométrage annuel maximal autorisé,
- les règles d’utilisation du véhicule pendant les périodes de congés,
- les responsabilités en fonction de différentes situations,
- les sanctions en cas de non-respect de la car policy…
constitue un excellent outil pour négocier avec les assureurs.
5 – Négocier avec plusieurs assureurs
Assurer une flotte de véhicules est un contrat intéressant pour les compagnies d’assurance. C’est pourquoi il est judicieux de faire jouer la concurrence, et de mener en parallèle des discussions avec plusieurs assureurs. Vous pourrez choisir le meilleur tarif pour la couverture souhaitée.
Assurance de flotte : les nouveautés 2026
- des tarifications spécifiques sur les batteries : des barèmes selon le type et la capacité de la batterie ;
- d’éventuelles minorations en fonction de l’ADAS ;
- de nouvelles offres d’assurance au kilomètre, plus généreuses en nombre de kilomètres par an ;
- l’effet inflationniste de l’électrification des flottes (intégration de nouveaux véhicules électriques dans une flotte) sur les primes.
Dans un contexte de renchérissement, comprendre les logiques des primes d’assurance peut être un avantage stratégique. Cela demande au gestionnaire de flotte de savoir combiner anticipation – grâce aux solutions Océan -, précision dans le dimensionnement de la couverture par l’assurance, et art de la négociation.

